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Nous publierons volontiers dans le blog pour faire partager à tous les petites fiorettis de cette journée !
Belle semaine sainte !
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Saint Paul, Apôtre des nations,
nous nous tournons vers toi.
Le Christ t’a saisi et il t’a converti
pour que tu puisses annoncer l’Évangile sans crainte,
jusqu’à donner ta vie.
Toi, le grand missionnaire,
prie pour nous !
Que notre foi soit plus profonde !
Que notre espérance grandisse vraiment !
Ainsi, nous pourrons dire comme toi :
« Ce n’est plus moi,
c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
Apprends-nous à devenir de vrais témoins du Christ,
à nous mettre au service de l’Église et de nos frères,
à devenir saints.
Avec toi, nous voulons redire :
« Que la grâce soit avec tous ceux
qui aiment notre Seigneur Jésus Christ
d’un amour impérissable » (Ep 6, 24) !
Amen.
Diocèse (p. 11)
Il y a un peu plus de dix ans, le 1er avril 1998, nous quittait le chanoine Lucien Gaben. Le relais d’Église du quartier Sainte-Carême à Albi a organisé en novembre une veillée de prière pour les vocations à la cathédrale Sainte-Cécile. L’occasion d’y réentendre l’appel que le père Gaben avait lancé à la messe d’action de grâce pour ses 60 ans de sacerdoce, le 11 mai 1997 : « Il faut que ça suive ! ». En voici quelques extraits.
« Le jour de ma première messe, quelques jours après l’ordination, m’adressant aux enfants de chœur, aux enfants des patronages qui étaient nombreux, à tous ces jeunes dont j’avais partagé les joies et les peines, je disais : « Voilà encore quelques semaines et je vais vous quitter. J’irai là où Monseigneur l’Archevêque m’enverra… Mais il faudra que, parmi vous, il y ait des gars qui me remplacent… Il faut assurer la relève, il faut qu’il y ait des vocations de jeunes, il faut que ça suive… » Je leur disais aussi : « Il faut réussir sa vie, il faut qu’il y ait de l’amour, beaucoup d’amour. Il faut qu’il y ait le don de soi, il faut lutter contre l’égoïsme et toutes ses manifestations… Il faut avoir le souci de donner, de se donner et de partager. »
Aujourd’hui, avec plus d’autorité, soixante ans après, je redis la même chose… Répondre à l’appel du Seigneur, ce n’est pas sans difficultés, ce n’est pas sans risques, mais ce n’est pas sans joies, car le Christ n’est pas un patron ; c’est un ami, il vous aidera. Une paroisse, ce n’est pas seulement une organisation, une église, encore qu’elle soit très belle, la nôtre, et que nous en soyons très fiers. La véritable Église, les pierres vivantes, c’est vous : vous chrétiens, vous baptisés, vous qui vivez dans cette communauté. Peuple de Dieu, nous avons à l’égard des uns et des autres à distribuer de l’amour et, si possible, à le donner dans la joie. C’est un service et une attention aux autres. Il faut partager ses joies, il faut partager ses peines, être attentifs les uns aux autres, aux deuils, à la souffrance, à la maladie. Le prêtre n’est pas un étranger à la vie de nos communautés. Il reste un cœur libre. Il n’a pas d’enfant à lui, de son sang, mais ses enfants, ce sont les vôtres.
Je pense à tous ces prêtres qui ont marqué ma vie… Je pense aux vicaires de la cathédrale, à tous ceux avec qui j’ai partagé le travail pastoral… Je leur dis merci… Je pense à ceux de notre équipe. Je les remercie pour leur patience, nos communautés de vue, de travail, d’amitié, pour l’amour fraternel… Oui, ça vaut le coup de vieillir dans la joie, en marchant vers la « jeunesse ». J’entre dans la dernière étape… avec votre amitié, avec votre prière surtout. Je vous dis merci, du fond du cœur. Et je vous redis : il faut que ça suive ! »
J’écris cette page un dimanche au soir en ayant en chantier pour demain deux sépultures d’octogénaires et la messe d’obsèques d’une adolescente frappée par une mort subite à l’âge de 16 ans. J’ai commencé l’après-midi avec douze couples de fiancés qui préparent leur mariage pour cette année. Avec, devant les yeux, cercueils et robes blanches, un appel souvent répété dans la Bible revient « en boucle » dans la tête : « Soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu » (Lévitique 19, 2).
Depuis le baptême
Dieu, le Saint, vient donc nous associer à sa sainteté. C’est le don reçu en germe lors du baptême. Baptisés, nous sommes « nés de Dieu », comme cela est précisé en particulier par l’Évangile selon saint Jean (cf. Jn 1, 12 ; 3, 5-6). Le Concile Vatican II souligne « qu’à travers les formes diverses de vie et les charges différentes, c’est une seule sainteté » qui devrait se développer (Lumen Gentium n. 41). Dès lors, le mariage peut être pour les fiancés de tout à l’heure une route de sainteté. Le véritable amour est don et fidélité, en plein accord avec ce qui est vécu au sein de la Trinité, à laquelle nous relie notre baptême. Ce sacrement est un don initial, un bourgeon. À 16 ans, comme pour l’adolescente évoquée au début, la vie est en fleur. Une fleur peut être riche de promesses. On s’étonne parfois, jusqu’à en douter, des signes de sainteté qui apparaissent dès 16 ans – voire plus jeune chez des saints comme Thérèse de l’Enfant-Jésus. C’est le signe que la sainteté est d’abord un cadeau de Dieu, plus que le résultat de nos efforts, même s’ils sont accompagnés par l’aide de l’Esprit Saint.
Pour tous
Nous avons dans l’Évangile un saint qui n’avait pas été baptisé : le bon larron (cf. Luc 23, 43). Ici, il faut élargir notre approche de la sainteté. Pensons à la scène du jugement dernier dans l’Évangile selon saint Matthieu (25, 31-46). Sont appelés auprès de Dieu ceux dont la vie a été jalonnée de gestes d’amour. Ils constituent cette « foule immense que nul ne pouvait compter » (Apocalypse 7, 9), probablement des pécheurs qui ont « lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’agneau » (7, 14). La sainteté de Dieu se fait semence tout au long de nos vies et enfin purification comme le feu. C’est ce que suggère l’Église quand elle nous parle du purgatoire. Ceci est vrai aussi, bien sûr, pour tous, pour les baptisés eux-mêmes, car leur vie n’est pas toujours à la hauteur de leur appel. « Ô Dieu des pécheurs journaliers, des lâches et des quelconques, aie pitié de nous », priait un grand théologien, le père Karl Rahner. Mais Celui qui est source de sainteté, espère aussi que la vigne émondée par le Père portera beaucoup de fruits (cf. Jean 15, 5). Émilie de Villeneuve sera béatifiée à Castres le 5 juillet prochain. Elle nous rappelle qu’avant d’être actifs dans la société, les religieux et les religieuses ont à « acquérir la plénitude de la vie dans le Christ » (Unitatis redintegretio n. 22). Quant aux prêtres, « la sainteté dont le Christ leur fait don et par laquelle ils approchent de l’Homme Parfait, c’est d’être tout entiers donnés au service des hommes » (Décret sur la vie et le ministère des prêtres n. 12). Tous sont appelés à la sainteté, mais avec des richesses propres à leurs vocations diverses.
Merci, Seigneur, pour nos années de vie sur la terre, que tu accompagnes pour qu’elles soient années de croissance en sainteté ! Merci pour la plénitude que tu nous donneras quand ton Amour couronnera tes dons dans la lumière de la Résurrection !
Dossier (pp. 4 à 10)
« Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Cet appel du Christ a retenti à l’oreille des Apôtres. Vingt siècles après, il nous parvient dans sa même exigence. Qu’en faisons-nous ?
Qu’est-ce que la sainteté ? Le mot n’a pas à être édulcoré. Au sens strict, Dieu seul est saint, c’est-à-dire sacré, séparé du monde. De même, Dieu seul « est ». Mais chacun d’entre nous « est » aussi, de façon analogue et par participation à l’être de Dieu. C’est Dieu qui, en nous créant, nous communique son être. C’est également lui qui, en nous donnant la grâce, nous fait participer, de quelque manière, à sa sainteté. Pour être saint, il faut participer à la sainteté de Dieu, rayonner de sa lumière : l’imiter.
Pour imiter Dieu, faut-il encore le voir ! C’est tout le sens de la demande de l’apôtre Philippe : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit ». La réponse du Christ est claire : « Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m’a vu, a vu le Père » (Jn 14, 8-9). C’est une des buts que l’on peut donner à l’Incarnation : Dieu se montre à nous pour que nous ayons un modèle à imiter. Les auteurs spirituels l’ont compris depuis fort longtemps, eux qui ont caractérisé la sainteté comme une « imitation de Jésus-Christ ».
Une histoire d’amour
Mais en quoi pouvons-nous imiter Jésus ? Ses miracles, sa prédication, sa mort sur la croix ne sont pas imitables ! C’est vrai, sa vie est unique. Mais « Dieu est Amour ». Jésus s’est livré à la mort par amour pour nous. L’amour est le point focal de notre « imitation de Jésus-Christ ». « Aime, et fais ce que tu veux », disait saint Augustin. Cela veut-elle dire que l’on peut faire n’importe quoi ? Non ! Celui qui aime Jésus, veut qu’en tout soit faite la volonté de Dieu.
La sainteté est une histoire d’amour avec Dieu, comme l’exprime intensément le Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » (Ct 2, 16). L’appel à la sainteté est une déclaration d’amour que Dieu adresse à chaque homme. À cet appel, la réponse est aussi un chant d’amour.
L’amitié avec Dieu est l’autre nom de la grâce sanctifiante : une aide constante du Père. Sans lui, aucune sainteté n’est possible. On interrogeait Jeanne d’Arc lors de son procès : « Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ? – Si je n’y suis, Dieu m’y mette. Et si j’y suis, Dieu m’y garde ! ». La sainteté est un don que Dieu accorde à qui il veut.
Acquérir les vertus
De manière mystérieuse et pourtant certaine, le don de Dieu ne « suffit » pas. Il y faut aussi la coopération de l’homme : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15, 14). La sainteté est donc aussi une lutte pour les vertus. Elle est cette perfection dans les vertus, humaines et surnaturelles, que l’on cherche à acquérir avec l’aide de Dieu. C’est pourquoi, au début des procès en canonisation, l’on s’efforce de montrer que le candidat à la sainteté a vécu « héroïquement » toutes les vertus. Héroïquement, c’est-à-dire jusqu’à l’extrême de ses forces. En ce sens, il y a, même dans la vie d’un saint ou d’une personne qui cherche à l’être, des victoires et des défaites : parfois on gagne, parfois on échoue. Quand nous avons péché, la contrition doit jaillir immédiatement comme le sang vient à la blessure. Et, avec elle, la confession sincère et la résolution brûlante de ne plus pécher. Difficile définition de la sainteté chrétienne ! S’efforcer de faire, toujours et en tout, avec l’aide de sa grâce et par amour, la volonté de Dieu.
Cet appel est-il « pour tous » ?
Dieu n’aurait-il pas ses élus comptés à l’avance, les cent quarante-quatre mille dont parle l’Apocalypse (Ap 7, 4) ? C’est là bien sûr le chiffre symbolique d’une multitude débordante (douze fois douze mille). Dans cette surabondance, il y a de la place pour tous. Le baptême est cette première et définitive consécration qui nous fait entrer dans cette famille des « saints », comme les premiers chrétiens aimaient à s’appeler mutuellement.
Le concile Vatican II a rappelé cet appel universel à la sainteté : « Il est donc clair pour
tous que chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang, est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité » (Lumen gentium, n. 40). La
vigueur de cet appel du Christ avait besoin d’être réentendue. Pendant des sièc
les, seule une poignée de personnes a cru pouvoir viser l’excellence de la sainteté, comme si
celle-ci était réservée à une élite…
Excellence, élite… C’est bien là le mystère : l’appel est universel, l’excellence est destinée à tous. La sainteté est ouverte « démocratiquement » à chacun, mais elle n’en est pas plus facile. « Paradoxe : la sainteté est plus accessible que la science, mais il est plus facile d’être savant que saint » (saint Josémaria Escrivá de Balaguer, Chemin, 282).
Désirer être saint, n’est-ce pas faire preuve d’orgueil, de témérité, de présomption ? Non, dans la mesure où la sainteté est un appel, une grâce, un don fait par Dieu. Plus encore, elle est une obligation, un engagement de notre baptême : « Tous les fidèles sont invités – et même tenus – à rechercher la sainteté et la perfection de leur état » (Lumen gentium, n. 42). On peut donc être saint dans la vie ordinaire : dans le mariage et la famille, dans le travail, dans les petites choses de chaque jour. Un jeune étudiant qui avait un grand désir de s’engager pour le bien de l’humanité, se présenta un jour à saint François de Sales et lui demanda : « Que puis-je faire pour la paix du monde ? » Son interlocuteur lui répondit en souriant : « Ne claque pas la porte si fortement !... »
La sainteté est multiforme : « Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures », dit Jésus (Jn 14, 2). Il y a autant de façons d’imiter le Christ que de personnalités, puisque « la grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne » (saint Thomas d’Aquin).
Parvenir à la sainteté
Pourtant, on peut ranger les moyens de sainteté en quatre catégories : les sacrements, la formation, l’unité de vie et l’apostolat.
Les sacrements sont les sources mêmes de la grâce. Le baptême purifie et sanctifie. La confirmation met le baptisé debout. Une place particulière est réservée à l’eucharistie et à la confession. L’eucharistie nous donne l’Auteur de la grâce. Pour qui veut réellement être saint, elle devrait être reçue chaque jour. « Devenez ce que vous recevez », dit un beau chant : c’est par le Christ que l’on s’assimile au Christ. Participer à la messe et communier chaque jour, c’est déjà un vrai programme de sainteté. C’est aussi s’intégrer à la vie liturgique de l’Église qui est, selon la belle expression de Bossuet, « le Christ répandu et communiqué ». La confession fréquente est un autre moyen privilégié. « La confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est vivement recommandée par l’Église. En effet, (elle) nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l’Esprit » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 1458).
Autre moyen de sainteté : la formation. C’est une manière humaine d’apprendre à être plus efficace. La prière, la direction spirituelle sont des moyens de formation très directs ; de même les enseignements de formation chrétienne, la lecture d’un livre de spiritualité, d’un texte du magistère…
L’unité de vie : notre vie tout entière (notre travail, les contrariétés que nous subissons, les vertus que nous essayons d’acquérir…) doit se construire autour de notre foi. Avec la pensée de cette unité, nous ne risquons pas de séparer artificiellement les divers domaines de notre vie, pour n’en donner à Dieu qu’une petite part.
Enfin l’apostolat, l’évangélisation, est à la fois conséquence et moyen de sainteté. Celui qui s’efforce d’être saint, sera apôtre par surabondance de sa vie intérieure. Mais son apostolat le poussera à être exemplaire, à donner du Christ une image attrayante.
Au fond, ce sont des moyens simples. La sainteté est exigeante, mais elle est effectivement à la portée de tous.
Sylvestre Baudrillart
(dans « La Nef » n° 194 – Juin 2008)
Sois le bienvenu, sois la bienvenue,
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